La table au Moyen Age

lundi 23 septembre 2019
par  Louis BOUTEL
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L’Histoire, de l’Antiquité à nos jours, a véhiculé une image particulière et précise du repas.

Partager un repas semble trouver sa représentation dans toutes les cultures et à toutes les époques.

Ainsi, la représentation contemporaine du repas nous renvoie souvent la description d’un moment fort de la vie quotidienne en prise avec un contexte déterminant.

Moment de convivialité répondant à une organisation ritualisée, renvoyant à des faits et gestes précis, le repas peut-être partagé ou pris seul, servi dans un lieu déterminé et à un moment défini de la journée, organisé et codifié, rapide ou interminable, raffiné ou léger, mais toujours justifié…


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Mettre la table au Moyen Age

DRESSER LA TABLE POUR ORGANISER UN BANQUET, UN REPAS OU UN FESTIN MEDIEVAL Le MOBILIER, Les USTENSILES et COUVERTS, LE LINGE DE TABLE TAILLOIR, TRANCHOIR, GOBELET, ECUELLE, COUTEAU, CUILLERE, FOURCHETTE

Vous trouverez dans cette page quelques repères concernant les façons, us et coûtumes de prendre ses repas au moyen-âge.

Elles n’ont en effet rien en commun, ou presque avec les nôtres.

Contrairement à l’idée reçue, les médiévaux ne sont pas des sauvages à table, et c’est même à la fin du Moyen-Âge que nous voyons apparaître les premiers traités de civilités ou de contenances de table, contenant les règles à respecter pour ne pas se comporter en « vilain » à table.

https://www.voyageurs-du-temps.fr/Comment-dresser-la-table-d-un-repas-banquet-festin-avec-recettes-de-cuisine-moyen-age-medieval_868.html

Le déroulement du banquet : Les convives se lavent les mains avant de s’installer à une table toujours garnie d’une nappe blanche. La table est dressée pour le repas avec une planche et des tréteaux, cet usage est adapté à la vie itinérante des Cours et à l’indifférenciation des pièces dans la demeure.

La "longière" longue et étroite, en bordure de table, permet de s’essuyer les mains et la bouche. Les convives mangent avec les doigts, mais avec les trois premiers doigts de la main droite seulement. Les serviteurs leur présentent aiguières, bassins et serviettes. Seuls les plus riches possèdent leur couteau, leur cuiller et leur "hanap"(gobelet) et leur écuelle pour manger les potages.

La planche ou tailloir pour les viandes sont souvent partagés entre deux convives. La vaisselle d’or ou d’argent est un luxe rare, de même que le verre. Le service est très réglementé, sous la direction du maître d’hôtel. Le panetier, qui a installé la nappe et disposé la nef de table, prépare les tranchoirs de pain et apporte le sel. L’échanson assure le service du vin qu’il coupe d’eau. Le fruitier sert prunes sèches et noisettes. Lors des festins d’apparat, la table d’honneur est isolée sous un dais. Le ballet des serviteurs est mené par le maître d’hôtel. Au buffet près du seigneur veillent des officiers de bouche, prêts à répondre à ses moindres désirs.

Des musiciens accompagnent le repas et sonnent les changements de service.

Les heures du repas : au Moyen Âge, on mange deux fois par jour. Notre actuel déjeuner est appelé "dîner". Il se prend entre 10 et 11 heures le matin, tandis que le souper se situe selon les cas entre 16 et 19 heures. Chez les paysans, un déjeuner (notre petit déjeuner) peut être pris à l’aube, retardant l’heure du dîner. Les horaires sont alors dictés par le rythme des travaux des champs.


Pour les plus curieux  :

La période moyenâgeuse semble, pour le plus grand nombre, être une exception.

Le Moyen-Âge arriéré et barbare, peu discipliné et éduqué reste la représentation encore la plus partagée aujourd’hui par le plus grand nombre des contemporains. La définition du repas n’y échappe pas. Il apparaît traditionnellement frustre, tourmenté comme la dimension politique du moment. On suppose que les règles sont absentes, les mets peu fins et peu raffinés. L’imagerie populaire d’ailleurs, véhiculée par certaines productions livresques ou filmées renforce cette idée.

Pourtant les études sur la période montrent combien la vie est réglée par des
centaines d’ordonnances et prescriptions, entre autres les mœurs de la table.

Les convenances existent, certes grossièrement ostentatoires, elles sont le reflet du contexte et d’une volonté d’affirmation d’un pouvoir à consolider et renforcer.

La cuisine est déjà un enjeu social de respectabilité et un instrument de prestige.

Mais la gastronomie n’est pas accessible à tous.

La table au Moyen-Age

LA TABLE, LIEU DE SOCIABILITÉ

Les cadres

Les repas médiévaux sont tributaires du rythme des saisons. La fin du printemps, l’été et l’automne sont des périodes de grande abondance. L’hiver est marqué par une grande frugalité dont la monotonie est rompue par des festins.

Donner un festin en cette période est la preuve d’une grande richesse.

Le repas médiéval est complètement lié au calendrier liturgique qui distingue jours gras et maigres et où la consommation de viande est interdite.

Systématiquement pendant tout le Moyen-Âge, l’Église a imposé le jeûne et interdit les relations sexuelles pendant les jours maigres. Cela représente environ 180 jours de jeûne par an mais cet interdit a quelques variantes locales et des dispenses : pour les jeunes fidèles, les malades et les femmes enceintes.

Le vin, boisson sacrée, médiateur entre les mortels et le ciel, et vecteur de
communication entre les vivants, occupe une place primordiale qui explique
l’importance de l’office qui en est chargé. Il n’est jamais bu pur mais coupé avec de l’eau : l’échanson ajoute de l’eau au vin : il « l’attrempait au goût du prince et à sa complexion ».

Cette opération est souvent supervisée par le médecin du prince.

En principe on mange deux fois par jour. Les repas les plus importants sont le
dîner et le souper. Le repas le plus copieux a lieu vers 7h du matin, il y a une collation légère prise vers 10h.

Le repas principal est le dîner vers 13h et souper soit vers 17h ou vers 20h.

Au Moyen-Âge, il n’y a pas de pièce spécifique, le plus souvent on mange dans les chambres. Mais chez les gens de condition inférieure on mange tous ensemble, hommes, femmes enfants, autour ce la même table dans la salle commune.

Certaines chroniques parlent de repas pris dans les rues ; Ainsi, Gilles de Bouvier dans ses chroniques du roi Charles VII, rapporte qu’en 1449 à l’arrivée du roi de France à Rouen, « des tables furent mises parmi les rues ».

En général la salle d’apparat est utilisée pour les festins sinon les repas sont pris en chambre.

Le sol est recouvert de fleurs et d’herbes odorantes.

Il existe des récits de repas de chasse pris en plein air ; dans ce cas, le noble
mange à table et ses accompagnateurs assis par terre autour d’une nappe.

On dispose d’exemples de repas dans les étuves, de repas en galeries ouvertes, au jardin, dans la cour.

Au mariage du duc de Bourgogne avec Marguerite d’York en 1468, les convives sont répartis selon leur rang social et leur sexe : le duc mange seul comme à son habitude dans sa sallette près de la chapelle les femmes sont dans une salle préparée pour la noce les seigneurs d’Angleterre dans une autre salle les prélats et gens d’église prennent leurs repas ensemble le chambellan est placé dans une salle sur cour la salle du bas est réservée aux anglais et aux archers » »

Pour lire la suite :

http://www.cndp.fr/crdp-reims/cddp52/gran_doss/dossiers/TMA.pdf



Manger, oui, mais comment ?

► La préhistoire

A cette époque, l’alimentation est un acte social.

Tout le monde cuit et mange sa nourriture ensemble assis autour du feu.

► L’Antiquité et l’époque Romaine

Les grecs et les romains sont les premiers à réaliser des poteries en céramiques qui vont permettre à chacun de manger dans un récipient.

Ils sont aussi les premiers a faire des banquets.

Les villas Romaine possèdent des triclinium, lit à 3 places, où les convives peuvent manger couchés.

Il n’y a toujours pas de table, des esclaves aident les convives à manger.
Les pauvres, eux, mangent à même le sol.

Ensuite sont créées des tables creusées qui servent d’assiette, et les plus riches possèdent quelques récipients.

► Le moyen-âge

Les repas en position allongée sont abandonnés au profit de la position assise (qui donnera son nom au mot assiette).

La vaisselle prend de plus en plus place pour les repas.

Chez les nobles, il y a apparition des "premières tables". Lors de grand repas avec des convives, des grandes planches sont placées sur des tréteaux (dans une pièce de la maison, il n’y a pas de salle à manger), et tous les convives sont assis du même côté de la table sur des bancs. Il n’y a aucune règle de tenue.

► La renaissance (XVIe siècle)

Les manières à table apparaissent.

Les couverts font lentement leur apparition.

A table, les bancs du moyen âge sont remplacés par des sièges individuels et les individus se placent alors en vis-à-vis à table.

► Le XVIIe siècle et XVIIIe siècle

Chez les nobles, les repas évoluent et deviennent de plus en plus sophistiqués. Les bonnes manières à table sont connues et respectées.

Dans les hôtels particuliers de la noblesse, les premières salles à manger apparaissent sur les plans de construction, elles sont situées à proximité des chambres.

► A partir du XIXe siècle

Il n’y a plus beaucoup d’évolution quant à la position dans laquelle on mange et à l’endroit où on mange.

La position assise, les récipients, les couverts et les salles à manger sont entièrement entrées dans les mœurs.

Les modifications à partir de cette époque ne se feront plus que par l’évolution de la découverte des aliments, le nombre de service dans un repas et le nombre de repas par jour.


Documents joints

LA TABLE, LIEU DE SOCIABILITÉ
la table au moyen âge