AU SUJET DE LA CANICULE DE JUIN 2019

lundi 12 août 2019
par  Louis BOUTEL
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Quoi de mieux, en cette fin de canicule, que de rester cloîtré au frais (soit 25°) et de se mettre devant son ordinateur à la recherche d’informations sur le sujet, c’est à dire de ne pas se contenter uniquement des médias !


Voilà ce que l’on pouvait lire dans un journal anglais, le Ampshire Advertiser from Southampton, le 17 juillet ... 1852 !

Vous pouvez trouver le fac simulé sur internet.

" En 1132 en Alsace les sources se tarirent et les ruisseaux s’asséchèrent. Le Rhin pouvait être traversé à pied. En 1152 la chaleur était si intense que l’on pouvait faire cuire des oeufs dans le sable. En 1160, à la bataille de Bela (en Hongrie), un grand nombre de soldats moururent en raison de la chaleur excessive.

En 1276 et 1277, en France, la récolte d’avoine et de seigle fut totalement détruite par la chaleur. En 1303 et 1304 la Seine, la Loire, le Rhin et le Danube pouvaient être traversés à pied. En 1393 et 1394 un grand nombre d’animaux tombèrent morts et les récoltes anéanties en raison de la chaleur.

En 1440 la chaleur fut excessive. En 1538, 1539, 1540 et 1541 les rivières européennes étaient littéralement asséchées. En 1556 il y eut une sécheresse généralisée dans toute l’Europe. En 1615 et 1616 la canicule s’abattit sur la France, l’Italie et les Pays-Bas. En 1646 il y eut en Europe 56 jours consécutifs de grandes chaleurs. En 1676 des canicules à nouveau. Les mêmes évènements se reproduisirent au XVIIIe siècle. En 1718 il n’y eut aucune pluie entre les mois d’avril et octobre. Les récoltes furent brûlées, les rivières asséchées et les théâtres fermés à Paris par ordre du Préfet de police en raison des températures excessives. Le thermomètre enregistra 36 degrés Réaumur ( 45 degrés C) à Paris. Dans les jardins de la banlieue arrosés les arbres fruitiers fleurirent deux fois pendant la saison.

En 1723 et 1724 les températures étaient extrêmes. En 1746 l’été fut particulièrement chaud et sec et les récoltes furent littéralement calcinées. Pendant plusieurs mois il n’y eut aucune pluie. En 1748, 1754, 1760, 1767, 1778 et 1788 les chaleurs d’été furent excessives. En 1811, l’année de la comète, l’été fut très chaud et le vin très bon y compris à Suresnes. En 1818 les théâtres parisiens restèrent fermés pendant un mois en raison des chaleurs excessives, la chaleur avait atteint 35 degrés C.

En 1830, alors que des combats avaient lieu, le thermomètre afficha des températures de 36 degrés C les 27, 28 et 29 juillet. En 1832, lors de l’insurrection du 6 juin, le thermomètre releva une température de 35 degrés. En 1835 la Seine était presque à sec. En 1850, au mois de juin, au cours de la seconde épidémie de choléra de l’année le thermomètre afficha 34 degrés".

Il s’agit bien d’un extrait de journal de 1852 et non pas de je ne sais quel site complotiste.

Je vous mets en pièce jointe l’interview de l’historien Emmanuel Le Roy Ladurie, parue dans Libération lors de la canicule de 2003, (et rediffusé en août 2018) au sujet de celle de 1718 qui aurait fait 700 000 morts ! Libération précise que son livre "Histoire du climat depuis l’an mil" (Flammarion 1967) reste la référence en la matière, ce qui est plutôt un bon point de la part de ce journal qui ne porte pas vraiment les climato réalistes dans son cœur... Édité en 1967, à une époque où on ne parlait pas encore de réchauffement climatique, l’éminent auteur de ce livre ne peut pas être accusé de vouloir prendre le contre-pied de la tendance d’aujourd’hui. Vous pouvez le trouver sur internet pour 9 €. A ce prix là, il ne faut pas se priver de s’instruire.

Libération, serait donc devenu complice des climato réalistes, ceux qui osent rappeler l’importance des cycles naturels sans accuser uniquement le CO2, gaz à effet de serre partiellement d’origine anthropique ? Ceux qui font remarquer qu’à une époque où il n’y avait pas encore le moindre soupçon de début de révolution industrielle (avec son CO2, gaz vital, que l’on nous présente pourtant comme un polluant), il y avait déjà eu de très nombreuses vagues de chaleurs extrêmes ainsi que des sécheresses catastrophiques, entraînant des centaines de milliers de morts ...

Je ne comprends plus rien au sujet de la relation CO2/températures qu’on nous assène pourtant comme étant un dogme indiscutable, et vous ?

C’est vrai que nous vivons une très forte et inhabituelle canicule, mais à l’évidence il n’y a rien de nouveau sous le soleil !

PS : amusez-vous à taper "sècheresse 1718" sur Google et vous en saurez beaucoup plus. A moins que vous ne vouliez rester sur la certitude que la canicule actuelle est un phénomène exceptionnel qui n’a encore jamais eu d’antécédents, car provoqué par l’activité humaine. (et celle de 1976 l’ impôt patate !!! MJ)


700 000 morts lors des canicules de 1718-1719

Interviewé en 2003, l’historien Emmanuel Le Roy Ladurie revenait pour « Libération » sur les précédents coups de chaleur qui avaient touché la France.

« 700 000 morts lors des canicules de 1718-1719 »

Emmanuel Le Roy Ladurie, 74 ans, professeur au Collège de France, a écrit une Histoire du climat depuis l’an mil (Flammarion, 1967), maintes fois rééditée, qui reste le livre de référence sur le sujet.Que faut-il penser de la canicule actuelle ?

J’aurais plutôt tendance à la relativiser ; même si l’aggravation du phénomène d’effet de serre est une rupture dans l’histoire du climat qui peut ouvrir une nouvelle ère climatique avec un ou deux degrés de différence. Ce qui aurait des conséquences incalculables. Mais l’actualité d’un été chaud, c’est autre chose : ce genre de grande sécheresse n’a pas manqué dans l’histoire française. En 1168, la Sarthe a séché. De même, l’été magnifique de 1351, où le prix du froment a été multiplié par trois à cause de sa rareté, avec « échaudage », comme l’on disait, ce qui entraînait des moissons et des vendanges très précoces, un vin en faible quantité mais excellent. Vous avez aussi des séries d’étés caniculaires consécutifs, des microères climatiques : 1331-1334, quatre étés de suite, 1383-1385, trois étés, ou encore la première moitié du XVIe siècle, particulièrement douce, où l’on peut parler d’un petit âge du réchauffement. L’été, les glaciers reculent beaucoup, la neige fond très haut. En 1540, beaucoup de témoins habitant les Alpes l’ont noté. A partir de 1560, on entre dans une autre période climatique, le « petit âge glaciaire », les étés caniculaires se font plus rares. Il y en a cependant encore, par exemple en 1636, l’été du Cid, où les témoins évoquent « un effroyable harassement de chaleur » pendant plusieurs semaines à Paris.

En cas de forte chaleur, quel est l’ennemi principal des Français ?

D’une part, la précocité et le faible rendement des récoltes, donc la rareté du grain, son prix qui flambe. D’où des phénomènes de disette, voire de famine. Mais la pluie est l’ennemi numéro 1, davantage que la chaleur : l’été pourri est plus redouté que l’été trop chaud. En revanche, la mortalité grimpe lors des étés trop chauds à cause de la dysenterie. Le niveau des fleuves et des cours d’eau baisse, l’eau puisée pour vivre et boire est plus vaseuse, infectée, polluée, et la mortalité est spectaculaire. 500 000 morts lors de l’été 1636 ou de l’été 1705, 700 000 lors des étés caniculaires de 1718-1719, avec même l’apparition de nuées de sauterelles et une forme de climat saharien sur l’Ile-de-France. Ces morts, ce sont surtout les bébés et les petits de l’année. Il y a, régulièrement, des générations décimées en France par la chaleur. Actuellement, les principales victimes, dans une proportion moindre, ce sont les vieux. L’autre conjoncture catastrophique était ce que l’on peut appeler le « modèle profiterole », c’est-à-dire une accumulation rapprochée de catastrophes climatiques. C’est le cas du contexte prérévolutionnaire : en 1787-1789 se succèdent de fortes pluies à l’automne, la grêle au printemps 1788 et un été suivant caniculaire. Ce fut explosif : échaudage, disette, cherté du grain. C’est à partir de ce moment que la chaleur a mis les gens dans la rue, et n’a plus été acceptée comme une simple fatalité.

C’est-à-dire que les Français, en période de chaleur, commencent à se tourner vers les pouvoirs publics ?

Moins les étés deviennent meurtriers, plus les gens se tournent vers l’Etat, et ce n’est pas un paradoxe : à partir du moment où l’Etat se mêle de plus près de la vie des gens, ceux-ci sont plus exigeants et plus enclins à dénoncer les incuries du pouvoir central. Ce processus historique accompagne la baisse de la violence, confisquée par l’Etat, ou la chute de la mortalité. Les interventions de l’Etat en période de canicule visent essentiellement à conjurer ou à limiter les effets de la famine. Dès la fin du XVe siècle, Louis XI tente d’instaurer un « maximum » (un contrôle des prix) en période de canicule. L’intervention massive vient avec Louis XIV et Colbert, très typique de la monarchie absolue : importations de blé, interdiction d’exporter, instauration de réserves dans les greniers d’abondance. Cela vise aussi à répondre aux deux principales accusations des Français en période de canicule : l’Etat ne fait rien ou, au contraire, ferait tout pour spéculer sur la cherté du blé, c’est ce qu’on appelle au XVIIIe siècle le « complot de famine ».

Comment les gens ou les autorités anticipaient-ils les étés trop chauds ?

Plus encore qu’aujourd’hui, les Français ne parlaient que de cela : le climat était le sujet principal de conversation. Les marchés, par exemple, étaient suspendus aux nouvelles. On trouve aussi des théories, assez tôt, non pas sur les prévisions, impossibles, mais sur les tendances. Les fontes de glaciers ou les séries étaient interprétées : Mme de Sévigné évoque le fait que « le procédé du soleil et des saisons a changé » pour expliquer une série d’étés caniculaires successifs. Les curés jouaient aussi un rôle spécifique, ils étaient les baromètres de l’époque, prédisant plus ou moins le climat à venir. Si bien que les autorités, souvent sous la pression des Français, pouvaient anticiper. Arrachage de vignes, par exemple (entre 1587 et 1600), ou même constitution de réserves d’eau potable, qui commencent dès le début du XIXe siècle dans certaines municipalités.

Antoine de Baecque


Canicule : records de chaleur dans de nombreuses villes

La canicule continue de s’étendre jeudi 25 juillet sur la France, où 20 départements sont placés en alerte rouge en prévisions des températures de jeudi. Le mercure dépasse les 40°C dans de nombreux territoire avant de grimper encore un peu plus jeudi. Une chaleur synonyme de danger même pour les personnes en bonne santé.

Vingt millions de personnes en zone rouge canicule, dont l’Ile-de-France : l’Hexagone fait face à une situation exceptionnelle avec des températures attendues supérieures à 40°C contre lesquelles personne n’est à l’abri. Paris a même dépassé son record de température avec 42,4°C. Pour ce deuxième épisode de canicule en moins d’un mois, 20 départements allant du Nord à Paris ont été placés en vigilance rouge canicule selon La Chaîne météo*, tandis que 60 autres sont toujours en vigilance orange. Cette alerte rouge, le plus haut niveau qui implique une « alerte sanitaire » pour tous les citoyens, a été utilisée pour la première fois en juin dans quatre départements du sud.

Mais « c’est la première fois que cela touche des départements du nord de notre pays avec un habitat, un urbanisme, des populations qui ne sont pas habituées à des chaleurs de ce niveau-là », a commenté la ministre de la Santé Agnès Buzyn lors d’une conférence de presse. « C’est la raison pour laquelle je demande qu’on redouble d’attention », a-t-elle plaidé. « Personne n’est sans risque face à de telles températures ». L’alerte rouge laisse notamment la possibilité aux préfets de prendre des mesures exceptionnelles liées notamment à l’organisation de rassemblements publics, sportifs ou autre.

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Les premiers records de chaleur absolus sont en train de tomber entre les Hauts-de-France, la Normandie et l’Ile-de- France : 36,4°C à Boulogne-sur-mer (35,4°C en 2015), 37,3°C au Touquet (36,2°C en 2006), 37,7°C à Lille (37,6°C en 2018), 38,5°C à Dieppe (36,3°C en 2013), 39,6°C à Melun (39,4°C en 2015). À Paris, le record historique absolu de 40,4°C (28 juillet 1947) est battu avec 42,4°C. Mais le record absolu pour la France de 46°C, qui date de juin dernier, ne sera en revanche pas atteint. La baisse des températures sera ensuite « brutale et rapide » vendredi, selon la Chaine météo. Il faudra attendre samedi pour voir la fin de cet épisode sur l’ensemble du territoire.

Canicule : à quoi faut-il s’attendre ces prochains jours

Une nouvelle canicule sévit sur le pays depuis lundi. Elle sera « très difficilement supportable » et « aussi forte et quasiment aussi étendue que celle d’août 2003 », selon La Chaîne Météo, avec des pointes locales atteignant les 42°c.

Canicule : à quoi faut-il s’attendre ces prochains jours - Regarder sur Figaro Live

Des risques pour tous

« Cette canicule sera très difficilement supportable, prévient La Chaîne météo, car en milieu d’été, la durée du jour est toujours très longue, et la forte chaleur accumulée en journée aura beaucoup de mal à s’évacuer dans la nuit. » De quoi alimenter les craintes, et pas uniquement pour les personnes les plus vulnérables.

Si depuis la canicule historique de 2003, qui a fait quelque 15.000 morts, les autorités insistaient surtout sur les risques pour les personnes vulnérables, les mises en garde visent désormais toute la population. « Le mois dernier, nous avons vu que les mesures de sécurité prises dans les lieux collectifs, notamment vis-à-vis des personnes âgées ou des enfants en bas âge, fonctionnent bien et permettent une bonne prévention des complications liées à la chaleur », a noté mercredi la ministre de la Santé Agnès Buzyn sur France Inter, précisant que seulement 3% des passages aux urgences lors de cette canicule y étaient liés.

Mais « nous observons des prises de risque des citoyens qui ne se sentent pas concernés », a-t-elle insisté. Noyades par hydrocution, hyperthermie potentiellement mortelle lors d’un effort sportif ou dans une voiture surchauffée... « Au-dessus de 37°C, notre corps fait un effort considérable pour se refroidir » et avec un effort sportif, « on aggrave considérablement le risque de voir la température du corps augmenter », a-t-elle prévenu.

Des risques de sécheresse

La canicule arrive au moment où 73 départements sont déjà concernés par des restrictions d’eau. Le risque est pour l’instant « tendu mais maîtrisé », selon la secrétaire d’État à la Transition écologique Emmanuelle Wargon mardi après la réunion de la commission de suivi hydrologique du Comité national de l’eau « mais nous devons être très vigilants » a-t-elle ajouté. Elle a notamment appelé « au civisme » de chacun pour éviter de gaspiller l’eau.