LA VILLE BIENTOT CHAUFFEE PAR LES GAZ DE SA VOISINE ARCELORMITTAL

mercredi 30 janvier 2019
par  Louis BOUTEL
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Dans un peu plus d’un an et demi, ArcelorMittal chauffera la polyclinique, des bâtiments communaux et des logements collectifs, grâce à l’extension du réseau de chaleur urbain. Le gaz produit par le sidérurgiste sera récupéré par ENGIE Cofely.


Voici, en cinq chiffres, quelques explications sur la manière dont le sidérurgiste, le constructeur et l’exploitant du réseau vont s’y prendre pour chauffer la ville.

16 Seize kilomètres de tuyaux seront déployés en sous-sol, entre ArcelorMittal et les différents quartiers de Grande-Synthe. Ils alimenteront soixante sous-stations, sortes de grosses chaudières qui remplaceront les chauffages individuels dans les ateliers et bureaux municipaux, des résidences privées, des logements sociaux collectifs, mais aussi la polyclinique. L’équivalent de 3 000 logements sera alimenté par le nouveau réseau de chaleur urbain. « Aucun quartier ne sera laissé de côté, c’était une volonté de Damien Carême », indique ENGIE Cofely, qui va construire et exploiter le réseau de chaleur grand-synthois.

5 500 – En tonnes, c’est le volume de CO² qu’ArcelorMittal ne rejettera pas dans l’atmosphère en alimentant l’extension du réseau de chaleur dunkerquois vers Grande-Synthe.
Le principe : « Une partie des gaz issus de processus de production de l’acier ne peut être réutilisée en interne, mais peut être valorisé. Ces gaz industriels ont le pouvoir calorifique du gaz naturel », explique Eric Niedziela, vice-président d’Arcelor-Mittal. Ces gaz sont récupérés et permettent de chauffer de l’eau ou de la vapeur d’eau pour chauffer des bâtiments.
L’intérêt est double : il évite des émissions de CO² et permet d’utiliser une ressource qui serait perdue au lieu de puiser dans de nouvelles ressources. C’est ce qu’on appelle l’économie circulaire. Ecologique.

10 – Le réseau de chaleur est aussi économique, ENGIE Cofely estime que les factures seront réduites de 10% par rapport à un chauffage au gaz. La ville de Grande-Synthe a, par exemple, calculé qu’elle pourrait économiser d’ici 2014 jusqu’à un million d’euros sur le chauffage de ses bâtiments.

2020 – L’extension du réseau de chaleur va aller vite. ENGIE Cofely annonce le début des travaux pour l’automne et une mise en service en octobre 2020. Un an pendant lequel les grands-synthois vont devoir s’habituer à revoir des travaux et des tranchées dans leurs rues et leurs trottoirs.

14,6 – Les 16 kilomètres du nouveau réseau de chaleur représentent un investissement de 14,6 millions d’euros.

La Voix du Nord du 23 janvier 2019